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IMPACTS DU CANNABIS SUR LE CERVEAU

Par Charles-Louis ELOT, Psychologue-addictologue

 

Le cannabis est une plante consommée à des fins récréatives ou thérapeutiques. Son principe actif le THC (tétrahydrocannabinol) agit sur le système nerveux central. Sans abuser des chiffres, indiquons qu’en dépit de son caractère illicite, le cannabis recrute 1,2 millions de consommateurs en France dont 600 000 usagers multi-quotidiens (à comparer aux 14 millions de fumeurs de tabac).

Les effets neuropsychiques du cannabis fumé apparaissent environ 15 à 20 min après son inhalation chez un consommateur occasionnel, un peu retardé chez un usager régulier. Une prise de cannabis entraîne en général une euphorie modérée et un sentiment de bien être suivi d’une somnolence mais aussi un affaiblissement de la mémoire à court terme et des troubles de l’attention.

En fonction de la dose absorbée et de la tolérance du consommateur, la prise de cannabis entraîne une augmentation du temps de réaction, une difficulté à effectuer des tâches complètes et des troubles de la coordination motrice susceptibles d’augmenter les risques associés à la conduite. La prise de cannabis potentialise en outre les effets de l’alcool.

Le cannabis diminue les capacités de mémorisation et d’apprentissage, mais une prise peut également donner lieu à des symptômes psychiatriques : hallucinations, troubles anxieux très intenses. Une consommation soutenue peut conduire à un désintérêt pour les activités habituelles, à une fatigue physique et intellectuelle, à des difficultés de concentration et de mémorisation et à une humeur dépressive.

À un niveau de consommation élevé, apparaît le risque de dépendance – psychique surtout – et peuvent survenir des problèmes relationnels, scolaires et professionnels. L’usage régulier de cannabis peut, par ailleurs, accompagner ou aggraver l’apparition de troubles psychiatriques.

Le cannabis est souvent considéré par les usagers comme une drogue douce de par le fait que cette drogue n’entraîne pas d’overdose. L’ensemble des chercheurs s’accordent pour dire qu’il est primordial de préserver le cerveau des jeunes de moins de 21 ans de cette substance (car c’est une période critique pour le développement du cerveau).

Références :

L’usage problématique de cannabis / numero special Toxibase. Crips revue Toxibase n°12 / lettre du Crips n°70.

T. Lundqvist & al.Frontal lobe dysfunction in long-term cannabis users. Neurotoxicicology and teratology 23 (2001) 437-443.

O’ Leary & al. :Effects of smoking marijuana on brain perfusion and cognition (2002). American College of Neuropsychopharmacology Published by Elsevier Science Inc.