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La dépression du post-partum, au dela du baby blues

Par Charles Louis ELOT, Psychologue

Donner la vie est certainement l’un des plus beaux moments de l’existence. Ce moment marque souvent un tournant dans la vie d’une femme et entraîne de nombreux bouleversements. La dépression du post-partum est une maladie qui touche environ 10 à 20% des femmes selon les études, et dans une moindre mesure des hommes après la naissance de leur bébé.

A contrario du baby blues qui affecte environ 80% des femmes après l’accouchement (sous forme d’irritabilité, d’anxiété, de sautes d’humeur) et qui ne dure que quelques jours, la dépression du post-partum s’installe dans la durée et nécessite une prise en charge spécifique.

Le baby blues s’explique par des changements physiologiques importants (chute hormonale), le manque de sommeil, le temps d’adaptation nécessaire à cette nouvelle configuration familiale. Dans le cas de la dépression du post-partum on retrouve fréquemment des antécédents dépressifs notamment durant la grossesse ou des difficultés lors de l’accouchement : problèmes néonataux, un vécu subjectif négatif, une séparation mère-enfant…

 

Plusieurs symptômes sont à surveiller :

– Profonde tristesse de l’humeur sans raison apparente,

– Des troubles du sommeil,

– Des troubles du comportement alimentaire,

– Un sentiment de culpabilité excessive (impression de ne pas savoir s’occuper de son enfant, d’être une mauvaise mère…).
La dépression du post-partum est d’autant plus déstabilisante pour la jeune mère que la société véhicule une image de la maternité comme étant systématiquement une expérience positive. Pourtant ce n’est pas toujours le cas. Il y a des moments plus ou moins difficiles à vivre durant la maternité mais cette image imposée d’une maternité idéale peut engendrer un fort sentiment de culpabilité chez ces femmes.

Il est primordial de repérer un tel trouble de l’humeur chez la jeune mère afin de ne pas entraîner des troubles de la relation précoce mère-enfant pouvant altérer le développement du bébé et être préjudiciable au bien-être de la maman. Il est donc important d’orienter ces jeunes mères vers une prise en charge pluridisciplinaire le plus tôt possible.