back-home panique-attaque-clinique

Les attaques de panique, (A.P.)

Par le Pôle Psychologique

Les attaques de panique (A P) sont très fréquentes chez les cyclothymiques et les hyperthymiques.

Ce sont des crises d’angoisse puissantes, qui surviennent du jour au lendemain dans la vie d’une personne et reviennent sans cesse. La personne qui en souffre, « le paniqueur », appréhende, avec les semaines et mois qui passent, la récidive de ces attaques et c’est cette anticipation qui provoque les prochaines crises.

Trois éléments se retrouvent dans presque toutes les AP :

· Une très forte angoisse, qui survient subitement au tout début, avec vertiges, dépersonnalisation, tachycardie, transpiration, oppression thoracique, déréalisation, perte de contrôle, mains moites. Elle est le plus souvent interprétée comme un arrêt cardiaque en préparation, un malaise qui va survenir, le début de la folie, une sortie définitive du corps. Puis elle se calme avec le temps qui passe ou grâce à de la réassurance ( les proches, un médecin, un psychologue…).

· La peur que les AP ne surviennent à nouveau entraine une forte anticipation hypervigilante et une analyse permanente et angoissante de tout symptôme annonciateur (chaleur, cœur qui bat, transpiration, vertiges, douleur même diffuse dans le corps, ….). Plus le paniqueur analyse, plus il est anxieux, plus il hyper-ventile, plus il accélère son rythme cardiaque, ce qui précipite l’AP.

· Le paniqueur tombe dans l’évitement de toute situation qui pourrait être potentiellement dangereuse si il fait une AP : refus d’être seul (« personne ne pourrait me venir en aide »), ce qui fait que le paniqueur a tendance à ne plus vouloir se déplacer, refuse d’être dans un lieu clos ou un lieu duquel il lui serait difficile de s’extraire (ascenseur, train, avion, foule, queue dans un magasin, pièce exiguë, …) en s’appuyant sur l’idée que si l’AP se transforme en catastrophe (arrêt cardiaque, asphyxie, devenir fou, …) aucun secours ne pourra lui venir en aide .

Les AP arrivent sans crier gare, parfois suite à un vrai premier malaise (hypoglycémie, chaleur, …), ou parfois juste à l’écoute de quelque chose qui terrifie la personne. Ces AP sont très spécifiques des cyclothymiques.

Les conseils que l’on donne en thérapie (souvent les T C C) s’appuient sur les éléments suivants :

· Le plus important est d’arriver à comprendre la mécanique de la maladie et de ne plus s’en étonner.

· Ne pas dramatiser les AP : « oui elles sont désagréables, oui j’aimerais bien m’en passer, mais plus j’accepte que les attaques de panique surviennent et moins j’en aurais peur ».. « Si elles doivent survenir, tant pis tant mieux. Si elles ne m’ont jamais tué par le passé, les prochaines ne me tueront pas non plus. Désagréables, mais inoffensives ! »

· Je respire lentement (5 secondes pour inspirer, 5 secondes pour expirer) car si j’hyper-ventile, je transforme une toute petite angoisse en une grande AP.

D’autres AP surviennent en raison du stress, du manque de sommeil, de l’hyperactivité (trop de travail couplé à trop de sport ou à trop de sorties) ou à des abus (abus d’alcool, de nuits blanches, de cannabis, de cocaïne, de tabac). On retrouve ces AP chez les hyperactifs “increvables en puissance” que sont les hyperthymiques, tout simplement parce qu’ils confondent « ce que je me sens capable d’amasser dans une semaine , avec ce dont je suis en capacité de réaliser». Leur corps dit stop (le cerveau ne peut plus tolérer le rythme et déclenche une crise d’angoisse. Tant que l’hyperthymique ne calme pas le rythme, les AP continuent.

Il y a donc tout un aménagement du planning et une hygiène de vie à mettre en place : respect d’un bon sommeil, allègement de l’emploi du temps, évitement du tabac, de l’alcool, des drogues et de toute substance excitante.

En conclusion, rappelons qu’au-delà du traitement médicamenteux, il est indispensable de proposer un accompagnement psychothérapique à cette pathologie.