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Phobies, TOC, Stress post traumatique : Thérapie d’exposition par la réalité virtuelle.

Par Gaëlle ICHIZA, Psychologue

Nouveau matériel de thérapie d’exposition par la réalité virtuelle à la clinique du Tremblay.

En quoi consiste la thérapie d’exposition ?

La thérapie d’exposition fait partie des psychothérapies comportementales et cognitives (T C C). C’est une technique qui consiste à confronter le patient à une situation anxiogène de manière progressive, répétée et contrôlée. Reposant sur un mécanisme d’habituation, il s’agit d’amener la personne à expérimenter la diminution de son angoisse face au stimulus problème autrement que par l’évitement. On sait en effet, que l’évitement ne permet de soulager l’angoisse qu’à court-terme et non à long terme.
La thérapie d’exposition a ainsi pour but d’apprivoiser ses peurs, de diminuer sa perception du danger et de supprimer ses comportements d’évitement. Cette technique a fait ses preuves dans la prise en charge de troubles anxieux, de troubles obsessionnels compulsifs, de troubles alimentaires et addictifs. Elle est également adaptée dans des situations de troubles de stress post traumatique.

Traditionnellement, le patient doit par un effort d’imagination recréer la situation, c’est l’exposition par imagination, ou se confronter en réalité à l’objet ou la situation-problème, c’est l’exposition in vivo. La thérapie par réalité virtuelle offre la possibilité de se confronter en virtuel tout en permettant une interaction en temps réel. Les techniques d’imagerie ayant démontré que l’être humain active les mêmes zones du cerveau lorsqu’il exécute réellement une action que lors d’une simulation mentale.

L’Exposition par Réalité Virtuelle ( E R V)

Grâce à la réalité virtuelle, la personne peut bénéficier de la même technique d’exposition au travers un environnement virtuel immersif. Il s’agit d’exposer la personne au stimulus phobogène à partir d’une situation générée par un ordinateur. Ce sont les mêmes principes que l’exposition classique avec les mêmes objectifs.

Pour plonger dans la réalité virtuelle, le patient est équipé d’un casque de réalité virtuelle sur les yeux. Il est alors guidé par le thérapeute dans des environnements en 3D qui vont l’exposer à sa phobie ou à sa source d’anxiété. A l’aide du thérapeute, le patient va pouvoir affronter ses peurs en fonction de son niveau d’anxiété. L’exposition se doit d’être progressive et contrôlée et n’est jamais immédiate. « Plonger quelqu’un, qui n’aurait pas suivi ces séances préalables, dans la réalité virtuelle serait complètement contre-productif et ne déboucherait que sur un état de panique. » (Eric Malbos, psychiatre spécialisé en thérapie par réalité virtuelle). Il est nécessaire dans un premier temps d’effectuer une analyse fonctionnelle afin de comprendre le trouble et ses conséquences. Parallèlement, un travail d’identification des pensées et de restructuration cognitive est effectué. L’anxiété est évaluée et une hiérarchisation des situations permettra de définir les séances d’exposition. Par ailleurs, d’autres outils (exercices de respiration ou de relaxation) seront nécessaires au patient pour apprendre à gérer au mieux ses réactions face à ses peurs.

Au travers de la prise en charge, le patient se désensibilise et adopte une perception plus sécurisante de l’environnement virtuel ce qui a un impact sur sa perception du réel. Développant ainsi un sentiment d’efficacité personnelle et de confiance, de nouveaux circuits neuronaux se forment et permettent aussi une confrontation en réelle moins anxieuse.
Si cette technique apporte un côté ludique et permet de déstigmatiser l’approche thérapeutique, il reste toutefois quelques précautions à prendre. Des contre-indications existent pour les personnes épileptiques, migraineuses ou encore les consommateurs de psychotropes. Au vu des risques, l’ERV est donc conseillée pour les enfants à partir de 12 ans et pour les adultes jusqu’à 60 ans. Elle est en revanche déconseillée pour les femmes enceintes, les patients souffrants d’épisode dépressif majeur, de troubles bipolaires ou encore de psychoses importantes.

 

Cette technique moderne détient plusieurs avantages non négligeables dans les prises en charge. Elle apporte confidentialité et confort au patient qui reste dans un cadre structurant et sécure malgré une confrontation au danger. Elle se veut également moins contraignante pour le psychothérapeute qui peut manipuler au besoin et modifier les stimuli visuels ou sonores en fonction du rythme du patient.

Articles et site web :
– Psychologies.com : La thérapie par réalité virtuelle pour soigner les troubles psychiques
– Psycom : La réalité virtuelle pour soigner la maladie mentale
– Le Monde : Des thérapies en réalité virtuelle pour surmonter ses phobies