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Poids et Psychotropes

Par Dr Fournier, Médecin Psychiatre

Introduction :

Une journée difficile, un travail déprimant, un mari « absent », des enfants bruyants, très vite la prise d’un psychotrope intervient.

Plus scientifique :

Nous avons observé une augmentation des ventes de psychotropes de +100% en 4 ans, environ 20-25% des français sont des consommateurs, plus encore les femmes et les usagers de drogues. La France détient la palme d’Or.

Etant donné la difficulté à retrouver un poids normal, il est important de se préoccuper de la prévention de la prise de poids iatrogène dès le début d’un traitement psychotrope.

Mécanisme :

La prise d’antipsychotiques entraîne une prise de poids au profit des graisses abdominales.
Cela peut aller jusqu’à 4kg voire plus en 2 mois ½ environ. (Le ZYPREXA s’avère très efficace pour cela). « Il stimulerait la sécrétion d’insuline ».
Nous pouvons identifier l’action à différents niveaux :

  • Augmentation de l’appétit ou de l’appétence pour le sucre.
  • Augmentation de la soif (consommation de soda : augmentation des calories) secondaire à la sécheresse de la bouche induite par l’effet anticholinergique des médicaments.
  • Diminution du métabolisme de base (ex. : LITHIUM).

Chez les patients sous antidépresseurs, il faut distinguer la reprise de poids perdu pendant la dépression, de la prise de poids iatrogène.
A contrario, la FLUOXETINE (PROZAC) réduit l’appétit et ferait perdre du poids à cours terme. Ce n’est pas le cas de la PAROXETINE (DEROXAT) et de la SERTALINE (SEROPRAM) qui augmentent l’appétit.

NOTA : même les anxiolytiques sont concernés car en levant l’anxiété, le patient retrouve de l’appétit : il se lâche à l’heure des repas.

Quelques pistes pour cette prise en charge :

  • Celle-ci doit être globale, médicale, psychologique et sociale.
  • La prise de poids est un facteur de risque qui expose à des complications cardiaques, au diabète, aux troubles respiratoires et aux problèmes articulaires, mais aussi à des complications psychologiques et sociales : le patient est démoralisé, mis à l’écart.
  • Cela peut aller jusqu’à l’interruption du traitement et une rechute de la pathologie.

L’astuce :

  • Manger équilibré.
  • Conseiller de ne pas faire les courses soi-même.
  • L’intervention d’une diététicienne peut être complémentaire.
  • Faire du sport.